Qui n’a pas entendu dire d’un adolescent :
« Il a du bagout , il fera du commerce ! ».
Difficile de rebondir et de se faire comprendre auprès de celui ou celle qui balance une telle réflexion, que je considère comme une injure à tout ceux qui appartiennent à ce que l’on appelle « une force de vente ».
Comme une échappatoire à un avenir compromis, la vente serait le refuge du baratineur !
En 1988, quand j’ai rejoint la force de vente des Brasseries KRONENBOURG, on nous remettait solennellement un recueil qui s’appelait « vendre 5/5 » et dont le titre de la première page était « L’Ecole de Vie ».
Il était une ligne conductrice de notre cheminement commercial, avec tout ce que nous devions savoir pour exercer notre métier de vendeur de la manière la plus efficace possible, et était garant de notre savoir, savoir faire et savoir être.
Tout frais diplômés de nos écoles de commerce, on prenait le temps de nous apprendre un métier, et les « vieux sages » nous transmettaient leurs valeurs, leur savoir, et développaient notre savoir être pour prendre conscience et acquérir la dimension de la fonction. Cela s’apparentait à ce que l’on appelle aujourd’hui du développement personnel.
Ils construisaient autour de ces compétences une culture d’entreprise, et la confiance en eux était telle, que sur le front des négociations souvent très tendues avec la g.m.s., nous étions capables de nous transcender pour trouver des accords….qu’ils validaient !
Ils nous communiquaient la passion du métier, et en récompense ils avaient acquis notre confiance et notre reconnaissance, ainsi sans aucune magie autre que leur investissement, ils fabriquaient de véritables patrons de secteur, autonomes, véritables ambassadeurs mercantiles d’une entreprise dont nous étions tous fiers !
La force était bien là, et trouvait ses racines au travers d’une intégration et d’une formation réussie, dans un objectif d’excellence, avec des « poids lourds » très expérimentés, impliqués, reconnus, pédagogues, et capables de monter au créneau aussi bien pour assister leur équipe que pour la défendre.
Aujourd’hui, après avoir tourné un certain temps dans le hall d’exposition des concessionnaires automobiles, après avoir croisés un certain nombre de fois des vendeurs qui ne daignent dire bonjour, il faut presque s’excuser de vouloir acheter une voiture….qui n’est qu’une occasion, je mesure régulièrement auprès de mes fournisseurs la démotivation des commerciaux, et j’établis un simple constat, il n’y a plus de pilote dans l’avion !
Où est le patron de la concession ? Où sont les « poids lourds » du management ?....Ces sages qui avaient le charisme de résister à toutes les tempêtes, et menaient leur équipe avec une main de fer dans un gant de velours…….ce sont sans doute eux qui remplissent les listes des seniors dés 50 ans à Pole Emploi ?.....la force de vente est devenue faiblesse, les fantassins n’ont plus de généraux sur le terrain pour combattre à leur côté, ils ne sont plus formés, animés, motivés, encadrés, impliqués, et défendus.
Alors je rends aujourd’hui hommage et remercie tout ceux qui m’ont formé, donné la fierté de faire ce métier, prendre conscience de sa noblesse, et m'ont offert la capacité il y a 12 ans de quitter sagement et sereinement un système dans lequel je ne me retrouvais plus, avec une politique qui allait tout droit dans le mur, et de vivre libre, et réussir une vie de chef d’entreprise........et à tout les décideurs, je confirme, plutôt que recruter des baratineurs, formez des vendeurs !
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c'est tellement vrai !
RépondreSupprimerbelle morale !
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